Comment le cancer m’a transformée en «presque» reine zen

              Avant que le cancer n’entre dans nos vies, je n’avais jamais ressenti de sentiments d’injustice et de solitude aussi forts. Ma vie privilégiée et chanceuse ne m’avait pas préparée à une telle épreuve. Je ne souhaite pas encore parler de ça publiquement, mais aujourd’hui, je suis d’humeur particulièrement positive et j’ai plutôt envie d’écrire sur cet état d’esprit que j’ai découvert, depuis que le cancer a décidé qu’il ferait partie de mon couple.

              On m’a dit un tas de choses depuis ce jour d’octobre 2019 où nos vies sont passées dans une autre dimension. J’ai entendu que tout arrivait pour une raison, qu’un jour je tirerais du positif de tout ça, que j’en sortirais plus forte. Alors qu’on venait de nous annoncer le diagnostic, cela ne m’aidait absolument pas. Avec bientôt huit mois de recul, je ne crois toujours pas que tout arrive pour une raison. En revanche, je suis persuadée qu’on peut choisir la façon dont on vit une épreuve. Moi, j’ai choisi de prendre le problème à bras le corps, de foncer dedans. J’ai décidé de creuser au plus profond de mes angoisses pour les résoudre.

              On m’a aussi dit que j’étais forte, que j’étais courageuse, que j’étais admirable. Mais tout le monde en serait capable, j’en suis persuadée. Le plus difficile est de le vouloir. Aujourd’hui je voudrais vous parler de ce qui m’a considérablement aidée ces derniers mois, de ce qui m’a sauvée, de ce qui m’a apporté ce répit tellement nécessaire depuis que le cancer a frappé à notre porte.

1. Commencer une thérapie

              Les premiers mois, je me disais que j’allais m’en sortir toute seule. Qu’avoir ma famille et mes amies suffiraient. Qu’est-ce qu’une psy allait pouvoir me dire de plus que ce qu’on me dit déjà ? Je savais déjà tout !

              Ca, c’était l’Anousha naïve de l’automne 2019. Plus les semaines passaient plus je me renfermais sur moi-même et plus j’ai compris que voir une psy était indispensable. J’ai commencé à la voir fin décembre et je ne l’ai vue qu’une fois par mois jusqu’en mars, moment où j’ai compris que c’était largement insuffisant. A présent je la vois deux fois par semaine et très clairement, sans elle, je serais encore bloquée très très très loin.

              J’ai eu beaucoup de chance : déjà, ma thérapie est entièrement gratuite car elle fait partie des soins pour les patients atteints de cancer et leurs proches. Ensuite, ma psy m’a tout de suite correspondue. C’est la seule personne à qui je dis tout, absolument tout, même ce dont j’ai honte, même ce que je trouve stupide, même si j’ai l’impression de me répéter. Chaque séance est extrêmement difficile mais totalement libératrice.

              Je pense que tout le monde bénéficierait d’une thérapie, quelle qu’elle soit (il existe de nombreuses formes, à vous de trouver celle qui vous convient). Il n’y a aucune honte à aller parler à un.e professionnel.le qui saura vous aider mieux que quiconque. Et si il.elle ne vous aide pas, c’est ce que ce n’est pas le.la bon.ne. Il n’y a pas non plus de honte à changer de thérapeute si le courant ne passe pas.

2. Ecrire

              J’ai commencé un journal le troisième jour de toute cette « aventure ». Ecrire a toujours été facile pour moi, plus que ça, ça a toujours été un réflexe. Le troisième jour on ne savait globalement rien, j’ai donc commencé à écrire en me disant qu’il était possible que tout ça ne soit finalement pas grave. Intuition ou pas, 234 jours après on est toujours dedans et j’écris plusieurs fois par semaine dans mon journal.

              Et je suis fière de moi. Fière de l’avoir commencé, que ce soit par besoin, envie, intuition. Fière de l’avoir continué avec assiduité mais jamais en me sentant forcée. Fière d’être toujours honnête.

              Ce journal c’est mon refuge. C’est mon ami. Je pensais parfois que l’inconvénient de ce journal était qu’il ne me répondait pas mais il fait bien plus que ça. Il me renvoie un reflet de mon esprit, il concrétise mes pensées, il les ordonne, il les analyse. Il m’aide à avancer. Il me fait avancer. Il me voit évoluer. Ce journal c’est une partie de ma thérapie. C’est moi, mise à nue, avec tous mes défauts et toutes mes qualités. Tous mes jugements et tous mes a prioris. Toutes mes réflexions et tous mes progrès. C’est mon expérience, sans aucune objectivité, mais avec le recul qui se construit jour après jour.

3. Faire du yoga

              Cliché ? Peut-être, et peu importe. J’ai découvert le yoga pendant mon année aux Etats-Unis, je suivais des cours sur le campus plusieurs fois par semaine. J’avais absolument adoré cette expérience, j’avais l’impression d’avoir enfin trouvé le sport qui me correspondait. Et pourtant je ne réussissais jamais à m’y remettre toute seule, avec des vidéos, chez moi. J’ai essayé en vain pendant plusieurs années, jusqu’à ce que la meilleure collègue du monde (Laura j’espère que tu lis ça !) s’y mette : elle avait décidé d’apporter son tapis de yoga au bureau et d’en faire tous les midis. Inspirée par cette idée, je l’ai accompagnée. Et petit à petit, la routine du midi au bureau s’est transformée en besoin quotidien chez moi. J’avais trouvé mon rythme et surtout, trouvé mon échappatoire.

              Le yoga m’a clairement sauvé la mise de nombreuses fois. Je ne suis pas du tout sportive, je ne suis pas du tout souple, je suis pas du tout musclée. Vous avez déjà vu un bout de bâton maigrichon faire du yoga ? C’est moi. Je ne peux pas toucher mes pieds, ma tête arrive très loin du tapis quand on doit se retrouver à l’envers, je ne sais pas faire de poirier ou de poses incroyables. Le yoga n’est pas une histoire de performance ou de compétition. Pour moi, c’est l’inverse. C’est se retrouver, voire se trouver. S’accepter, se comprendre, prendre du temps pour soi, que ce soit 10 minutes ou 1 heure, peu importe. Respirer. Juste être avec soi-même et rien ni personne d’autre.

              Pendant la séance de yoga, je n’ai plus d’angoisses. Le cancer n’est jamais invité sur le tapis. Personne n’est invité. C’est juste moi, avec moi-même, mon corps, mon esprit, et c’est tout. Et c’est merveilleux.

4. Marcher

              Bon ok pendant le confinement ce n’était pas la chose la plus facile à faire mais en période normale, marcher a toujours été une autre échappatoire, que je partage la plupart du temps avec Ciaran, mais pas que. Que l’on marche à deux ou que j’y aille seule, le bénéfice est toujours incroyable. Je mentirais si je disais que je ne pensais pas au cancer pendant que je marche. Mais quand je marche, je trouve toujours des solutions. Je me sens toujours plus positive, plus forte. Je ne suis jamais anxieuse quand je marche. Et quand je rentre, je me sens toujours mieux, plus prête à affronter les prochaines épreuves.

5. Ecouter des podcasts

              Les podcasts, quelle magnifique invention ! Ciaran en a toujours été fan et je ne m’y suis mise que cette année. Personnellement je n’arrive pas à les écouter chez moi, je dois aller marcher pour en écouter. L’émission qui fait partie de mon opération de sauvetage est la merveilleuse « Deliciously Ella » (Emma chérie, si tu lis ces lignes, je te serai éternellement reconnaissante de m’avoir conseillé ce podcast qui me sauve la vie, n’ayons pas peur des mots).

              Pourquoi un podcast a un tel effet positif sur ma vie ? Chaque épisode est un concentré de bienveillance, de réconfort, d’amour, de paroles sages, qui ont systématiquement un écho incroyable pour moi. Quand j’écoute Ella et ses invité.es, je me sens capable de tout. Je me sens forte et inspirée. Elle me redonne de l’espoir, elle me procure une joie immense. J’écris d’ailleurs cet article après avoir écouté ‘’Creating a More Mindful Life’’.

              Parfois il suffit simplement de quelques mots pour retrouver espoir et optimisme. Je sais que chaque fois que j’écouterai Ella, je serai en lieu sûr.

6. Faire des câlins

              Ok ok je sais, encore un mauvais conseil en temps de pandémie ! Si vous ne vivez pas seul.e (vivre avec un animal poilu compte ! je n’accepte en revanche aucune responsabilité si vous essayez avec votre poisson rouge) vous pourrez suivre ce conseil facilement. Ciaran a toujours été persuadé des vertus des câlins et après avoir essayé vous ne pourrez pas ne pas être d’accord.

              A chaque fois qu’il sent que je suis énervée, déprimée, frustrée, hop, il vient me faire un câlin. 30 secondes debout à s’enlacer suffisent à remonter votre moral, c’est testé et prouvé. Renouvelez à chaque fois que c’est nécessaire. Mon niveau d’anxiété et de stress descend instantanément. Une fois que je suis dans ses bras, mon corps se relâche, mes angoisses s’atténuent, mes batteries se rechargent.

7. Pleurer

              Pleurez tout votre soûl ! J’ai sûrement rempli des baignoires de larmes depuis octobre. Mais chaque fois que des litres ont coulé, je me sens mieux. Tout retenir ne sert absolument à rien. Pas la peine de se forcer mais si vous avez envie de pleurer : pleurez ! Même si vous avez déjà pleuré trois fois dans la journée. Ou même si vous n’avez pas pleuré depuis des années. Pleurez seul.e, pleurez devant des ami.es, pleurez devant votre famille, pleurez devant votre psy. Relâcher ses émotions quand elles ont besoin d’être relâchées n’est pas un signe de faiblesse ou de perte de contrôle. A l’inverse, ne pas pleurer ne veut pas dire que vous allez toujours bien. Je suis une grosse pleureuse, Ciaran non. Ca ne veut rien dire sur qui gère mieux que l’autre. Pleurer est ma façon d’évacuer, ma façon d’aller mieux. Il en a d’autres, ça ne signifie pas qu’elles sont meilleures ou moins bien.

8. Arrêter les to-do lists et autres bucket lists

              Autrement dit : faire ce que je veux, quand je veux, parce que je le veux. Etant la reine du stress, de l’organisation à outrance, du contrôle excessif de ma vie, des plans sur la comète, de la culpabilité pour tout et n’importe quoi, décider de lâcher prise prend du temps et de l’énergie !

              Depuis que j’ai arrêté de dresser des listes de choses à faire, je me sens complètement libérée. Je n’ai plus cette pression de contrôle permanent que je me mets moi-même sans raison. Evidemment, certaines choses ne peuvent pas attendre (payer ses impôts, faire des courses, des trucs relous et indispensables). Mais tout le reste ? Je décide sur le moment ce qui me fait envie, au lieu de me forcer simplement parce que je me suis imposée de le faire. J’accepte de changer d’avis, de ne jamais m’obliger à faire quelque chose. Je me fixe des tous petits objectifs sans limite de temps. Par exemple, j’avais envie de faire une tarte au citron : je ne l’ai faite que la semaine dernière, après des semaines à me dire « tiens si j’en faisais une ? ». Et j’étais tellement satisfaite !

              C’est très simple et ça change totalement mon rapport au temps et à la fameuse productivité omniprésente dans notre société, ce qui m’amène à mon dernier point…

9. (S’)Accepter et être bienveillant.e

              Tout un programme ! Je pense que chacun.e a sa propre interprétation de l’acceptation et de la bienveillance, selon ses expériences personnelles.

              Ces derniers mois, ce qui a été important pour moi, c’est de me dire que tout était OK. Tout était normal. Tout était bienvenu. Car SPOILER ALERT je suis loin d’être infaillible.

              Il y a des jours, ou simplement des moments de la journée, où ça ne va pas. Où rien ne va. Où j’ai peur de tout. Que le cancer revienne. Que la chimio ne fonctionne pas. Que la prochaine opération tourne mal. Qu’on ne puisse jamais être parents. Que je ne trouve jamais ma place. Que je ne réalise jamais mes rêves. Des moments où le monde entier m’énerve. Où je me sens complètement seule, incomprise, désemparée, désespérée. Où le temps semble infini, où je ne vois plus aucune lumière, nulle part. Où j’ai l’impression que les obstacles se dressent les uns après les autres, que ce ne sera jamais, jamais terminé. Où la culpabilité me dévore. Où aucun mot ne peut me réconforter.

              Il y a des jours où je n’ai envie de rien. Où je ne fais pas de yoga, où je ne vais pas marcher, où je passe plus de temps que d’habitude au lit, où je traîne sur mon téléphone, où je ne fais rien, où je ne cuisine pas, où je n’arrive pas à écrire, où je travaille peu. Des jours tout pourris, des jours tout gris même s’il fait beau, des jours qui, j’ai l’impression, ne servent à rien.

              Et parfois dans ces moments-là, même si j’écris, même si je fais du yoga, même si je fais un câlin, même si je vais marcher, même si j’écoute un podcast, même si je pleure, même si j’essaie de faire ce que je veux, rien n’y fait. Trouver du positif dans ces moments est impossible.

               Mais c’est OK. Ces moments-là, aussi sombres soient-ils, font partie du processus. Ce ne sont pas des moments perdus. Ce ne sont pas des moments inutiles. J’ai mis du temps à les accepter, et je ne les accepte pas toujours. J’essaie comme je peux de les accueillir quand ils arrivent, de leur laisser la place nécessaire. Je sais qu’ils ne dureront pas, tout comme je sais qu’ils reviendront. Mais essayer de les combattre en vain est finalement pire. Accepter d’aller mal est la première étape pour aller mieux. Accepter que la guérison est longue, que le processus est difficile, est encore une autre étape.

 

              Ne commencez donc pas à voir en moi une grande prêtresse de la zénitude et du lâcher prise (oui le titre de l’article était une petite blague). Je suis juste un être humain avec une quantité folle de défauts, qui essaie de son mieux de se sortir d’une sacrée épreuve de vie. Et qui parfois, se dit que partager, c’est peut-être aider quelqu’un, quelque part.

              Cet article, c’est juste 9 conseils que l’expérience du cancer m’a appris. C’est juste ma propre expérience. C’est juste ma tentative de partager des choses qui m’ont aidée pendant une épreuve difficile. Il y en a d’autres et je pourrais continuer pendant des pages et des pages ! J’adorerais connaître vos propres façons de lâcher prise, de vous accepter, et si vous vous reconnaissez dans celles dont j’ai parlé.

              Prenez bien soin de vous, peu importe ce que cela vous évoque 🙂

16 commentaires sur “Comment le cancer m’a transformée en «presque» reine zen

  1. Coucou ! Merci pour ce partage de tout cela ici. Nous pensions à toi justement la semaine dernière, on se disait que cela faisait un moment que nous n’avions pas eu de nouvelles sur ton blog. J’étais bien loin de me douter de cette épreuve qui t’a/vous a frappés. Je t’envoie tout mon soutien dans ces moments si difficiles et incertains, et je souhaite que si 2019 a été l’année de la mauvaise nouvelle, 2020 soit celle de la rémission.
    J’aime beaucoup toutes les techniques que tu cites pour se sentir mieux. La calinothérapie est testée et approuvée ici également ! Et la marche aussi… Pas de yoga pour moi mais du Pilates, ça me détend bien aussi. Quant au suivi psy, c’est clair que c’est indispensable… Je pense d’ailleurs comme toi que tout le monde y trouverait un bénéfice, y compris hors situation de crise.
    Quand je ne vais pas bien je trouve souvent beaucoup de réconfort dans un bon livre avec une tasse de thé. Cela me permet de m’évader et d’occuper mes pensées autrement qu’en ruminant ou m’angoissant.
    Grosses bises à vous deux !
    Aurélie.

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    1. Coucou !! 🙂 Oui j’ai abandonné la blogosphère ces derniers mois… je n’avais ni le coeur à lire les autres blogs, ni à écrire sur le mien. Je n’avais pas envie de parler du cancer mais parler d’autre chose me paraissait dérisoire et absurde. Mais aujourd’hui j’ai eu cette envie / ce besoin de partager ces notes positives alors me voilà ! Je ne sais pas si je vais revenir régulièrement ou pas, et j’aurai du mal à rattraper un jour mon retard sur les blogs que je suivais !! 😀 Mais j’espère que tout va bien pour toi et ton conjoint !

      Oh oui un livre et un gros mug de thé c’est parfait aussi 🙂 J’ai passé plusieurs mois sans réussir à ouvrir un livre après l’annonce du cancer, j’ai aussi regardé beaucoup moins de films et de séries. Mais là ces derniers temps c’est revenu et ça fait du bien !
      Bisous à vous deux aussi 🙂

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    1. Je n’ai pas mis dans mes conseils « parler tout le temps à sa famille » mais bon, tu sais bien que ça me fait toujours un bien fou et que sans vous je n’en serais pas là non plus ! ❤ ❤
      (merci aussi à l'inventeur des Bitmoji pour les fous rires)

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  2. Dire que cet article m’a remué est un euphémisme ! Comme l’écris « smilingaroungtheworld », j’étais également bien loin de me douter de ce que tu (et tous tes proches aussi) étais en train de traverser. Je ne sais pas par où commencer, peut-être par le fait que je suis tellement admirative que même dans cette période si difficile (et je n’imagine pas le courage qu’il a dû te falloir pour écrire cet article), on retrouve toujours la trace de ton humour dans tes lignes ? Ces petites phrases d’ironie qui m’ont toujours beaucoup plut sur ton blog et qui m’ont fait m’attacher à toi sans te connaitre vraiment et qui m’ont fait sourire en te lisant malgré le sujet. Je crois que c’est ça, plus que le fond de ton article (qui est excellent, tellement vrai, tellement simple et pourtant on ne cesse d’oublier ce genre de choses qui nous rendrait pourtant la vie peut-être un peu plus douce) qui m’a vraiment secoué, qui m’a fait l’effet d’une petite claque. Se rendre compte que malgré tout ce que l’on peut te faire, tu restes toujours toi-même, tu gardes toujours cette force de détachement et d’auto-dérision.
    Je suis en accord complet avec tout ce que tu écris, notamment avec le début, le fait que les choses n’arrivent pas toutes pour une raison. J’ai du mal à penser qu’il y avait vraiment une raison, un « intérêt » à toutes les injustices, toutes les souffrances, que les gens en sont à chaque fois sorti plus forts, etc. Parfois « it’s sucks » et c’est tout. Chercher une raison est comme chercher un moyen de fuir la vérité, que c’est simplement injuste, que ça peut te tomber dessus sans crier gare, au moment où tu n’es pas prêt (et qui peut se dire prêt ?). C’est ça qui fait tellement peur qu’on cherche à tout prix à trouver un « pourquoi » alors qu’il n’y en a pas. Par contre, la vraie force est d’avoir conscience que tu peux choisir comment tu vas vivre cette épreuve (j’ai tellement l’impression que ça sort de la bouche de Dumbledore…). Je te souhaite de continuer à avoir la force d’être actrice de ta vie et de continuer à choisir de faire des câlins, de marcher, de faire du yoga et d’accepter quand tu ne peux pas le faire, jour après jour. Je te souhaite de tout coeur de guérir pour de bon.
    Je n’ai pas vraiment d’autres « techniques » de lâcher prise parce qu’au final, je fais surtout comme toi ^^ J’écris beaucoup, je marche, je fais des câlins (c’est une drogue à ce niveau-là) et j’ai appris à me laisser le droit de ressentir ce que je ressens et de ne pas m’en vouloir quand ça ne va pas, que je n’ai pas envie, que je n’ai pas l’impression de faire « comme les autres ». Sinon, les séries, les livres, la musique, danser n’importe comment et faire des gâteaux ça aide aussi 😉
    Gros bisous à tous les deux, plein de courage ❤

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    1. Merci beaucoup pour ce message Marie !!

      Je n’ai pas pu suivre la fin de tes aventures autour du monde ni ton retour en France, mais j’espère que tu vas bien !

      Je suis ravie que tu aies pu me retrouver dans cet article. J’ai toujours essayé de garder mon sens de l’humour (même si je n’ai clairement pas rigolé tous les jours ces derniers mois). Avec Ciaran on fait souvent des blagues sur le cancer et la chimio, tout le monde n’arrive pas à en rire autour de nous mais pour nous c’est une façon de survivre ! 😉

      A vrai dire cet article ne m’a pas demandé de courage, il m’est soudainement venu en tête pendant que j’écoutais le podcast dont je parle dans l’article. En écoutant j’ai eu une révélation en mode « MAIS OUI il FAUT que je parle de tout ce qui m’aide pendant cette épreuve ». J’ai souvent eu envie d’écrire sur le blog mais je ne savais pas quoi dire, pas par où commencer… je ne pouvais pas ignorer ce qu’il se passait dans nos vies mais je n’arrivais pas à parler d’autre chose. J’ai décidé de simplement attendre le bon moment, quitte à ce qu’il n’arrive jamais. Mais finalement les mots sont venus d’un coup hier et voilà 🙂
      Après la publication j’ai eu beaucoup de messages et de lectures et ça m’a vraiment émue et touchée… Je me suis dit que j’aurais peut-être dû écrire avant, mais finalement, non : avant, je n’étais pas prête. Avec toutes les belles réactions, je me sens maintenant en confiance et je pense que je vais publier des petites tranches de mon journal, pour commencer à ouvrir la parole sur le cancer et les aidant.es, et aussi vous raconter ce qu’il s’est vraiment passé (car je sais très bien que je suis très vague dans l’article et que personne ne sait vraiment ce qu’il se passe ^^ » c’est fait exprès).

      J’apprécie la comparaison avec Dumbledore !! Je ne pensais pas avoir atteint un tel niveau de sagesse ! 😉

      Aaah mais oui, j’ai aussi les mêmes techniques pour aller mieux !! On fait souvent des karaokés dans le salon avec Ciaran haha.

      Gros bisous et à très bientôt j’espère ! ❤

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  3. Oh 😮
    En triant de vieux mails d’articles non lus pendant le confinement, je suis justement tombée sur un des tiens en me disant que ça faisait longtemps que je n’avais pas vu passer de nouvel article ! (ni de post instagram, d’ailleurs, mais je comprends on ne peut mieux que tu aies délaissé d’autant plus cet aspect là)
    Je suis contente de retrouver tes mots même si, évidemment, le sujet de fond est tout sauf réjouissant.

    Que dire sinon gros ❤ à tous tes petits remèdes, je les partage presque tous à quelques exceptions près (le yoga, le psy) et je suis d'accord avec toi que ces petits gestes simples sont TOUT. Il est si facile pourtant de les perdre de vue.
    Et malgré le sujet difficile et pesant, j'aime ces petites touches d'humour et de légèreté que tu places çà et là, même si on sent bien à travers d'autres passages les moments terribles que tu as enduré.

    Oh et ces "les épreuves nous rendent plus forts" qu'on nous sert platement quand on est au plus bas… Je déteste ça, et je ne sais pas à quel moment de la vie ça a déjà soulagé quelqu'un. Mais je crois que parfois les gens ne savent juste pas quoi dire face à ces situations si bouleversantes.

    Quant à trouver une raison à tout… non, parfois il n'y a juste pas de raison ni personne à blâmer. Les choses arrivent. Point. Ça peut être dur à accepter pour nous humains qui voulons donner un sens à tout…
    Je sais que certaines épreuves m'ont permis de devenir la personne que je suis aujourd'hui et que j'aime (relativement bien^^). Mais ce n'est pas vrai de toutes…. Pour d'autres il a fallu juste les regarder passer et les subir – et notre façon de les subir nous appartient entièrement, je te rejoins tout à fait là dessus.

    Bref, que tu reviennes par ici régulièrement ou que tu sois juste de passage, je t'envoie mes amitiés bloguesques, si tant est que cela ait du sens pour toi face à tout ce que tu as traversé.

    Continue à faire ce qui te fait du bien avec cette bienveillance et ce respect de tes envies et non-envies que tu évoques

    Aimé par 2 personnes

    1. Merci beaucoup Cléa ❤
      Après l'été je n'avais pas eu le temps d'écrire, et ensuite en octobre bon ben voilà ce truc nous est tombé dessus et là clairement je n'étais pas prête à réécrire sur le blog… avant hier 🙂 Instagram j'ai arrêté fin août dernier par contre, j'avais supprimé mon compte car je pétais un câble et malgré tous les côtés positifs d'Instagram auxquels je crois même aujourd'hui, moi ça ne m'apportait plus que du négatif. Et depuis je t'avoue que je suis contente de ma décision… je ne pense pas y retourner.

      Contente que tu aies relevé mes petites blagues tout en saisissant le ton de mon article ! Je me demandais si ça allait se sentir mais ça ne m'étonne pas que toi, tu l'aies senti 🙂

      Haha j'ai pensé à faire un palmarès des remarques censées être réconfortantes et qui ne le sont pas du tout en vérité ! Je sais que c'est dur pour les gens de savoir quoi dire mais parfois c'est vrai que je me disais "heu c'est censé m'aider ?!"

      Pendant des mois je ne voyais absolument RIEN de positif à cette épreuve mais maintenant, j'y arrive. Je pense que j'ai franchi beaucoup de caps et que cette expérience, toute négative et terrible qu'elle soit, m'aura fait énormément évoluer. Je ne suis clairement plus la même personne qu'il y a neuf mois et… je ne souhaite pas y revenir ! Il y a beaucoup à dire sur la question. Comme je le disais dans un commentaire précédent, j'ai reçu tellement de messages positifs et émouvants après cet article que je pense revenir m'exprimer sur le sujet dans les semaines/mois qui viennent… 🙂

      J'espère que de ton côté, tu avances comme tu le souhaites. Il y a peu de choses qui me manquent sur Instagram mais partager des bouts de ta vie en fait partie !

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  4. Ah instagram… tu ne m’y verrais pas non plus si tu y retournais ! J’ai fait une pause de l’appli au bout d’un mois de confinement, à la base c’était une semaine sans, « pour voir », et quand je me suis rendu compte le bien que ça me faisait, j’ai décidé de ne pas y retourner pour l’instant. J’ai fait une overdose d’insta au début du confinement, j’étais sans cesse en train de faire des stories et de regarder celle de mes amies… et du coup de me comparer à elles, même involontairement. Et ça m’a mis une pression de dingue, je n’ai compris qu’en arrêtant à quel point ça me stressait.
    Bref, certaines considérations sur la vie privée d’autre part avec l’utilisation des réseaux sociaux, je n’ai pas vraiment l’intention de m’en servir de sitôt… Je préfère retrouver un mode de consommation des images et des mots plus respectueux, à travers le blogue (comme toi j’en ai été absente longtemps et ça ne fait que quelques semaines que je m’y remets doucement :))

    Je découvrirai de nouveaux articles avec joie ! un sur le palmarès des remarques, ça pourrait être drôle… avec le recul, évidemment.

    En attendant, je me réjouis vraiment pour toi, de cette version de toi-même que tu as trouvé sur ce chemin et dont tu t’es emparée, semble-t-il, avec force. Même si ton expérience ne se résume pas qu’à ça, d’en tirer du positif malgré tout, ça se ressent vraiment à travers tes mots.
    Bises et à bientôt 😀

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  5. Te dire que ton article m’a émue, c’est peu dire: il m’a laissée secouée et ébahie comme un pin maritime après la tempête, qui compte ses branches et s’étonne d’être encore debout…car enfin, comment toi, si jeune, es tu parvenue à tant de sagesse ?
    J’entends par sagesse la finesse de l’analyse, la hauteur de la vision, et surtout la recherche du meilleur chemin pour continuer à vivre authentiquement ce que vous voulez vivre.
    Je n’ai finalement que quelques années de plus que toi (disons 35 et n’en parlons plus), et quand je me retourne sur les périodes difficiles que j’ai traversées, j’ai le souvenir de mouvements désordonnés, adaptés plus ou moins bien à la situation. Il me semble que je barbotais de toutes mes forces pour maintenir la tête hors de l’eau, mais que je n’étais pas en capacité d’organiser calmement un trajet vers des lieux plus sereins…je n’avais pas non plus de temps pour me poser…
    Bien sûr que cette épreuve est injuste (mais y a-t’il de maladies justes ?) et bête (je ne crois pas à une quelconque volonté d’une quelconque entité malveillante). Tu t’y opposes par la seule justification valable : l’amour, et par l’intelligence.
    Et c’est très fort, ce que tu fais.
    Je ne te dirai pas que tu es courageuse (je sais que tu vas en être déçue !), parce que je n’ai jamais su ce que c’est le courage. Je crois qu’il y a la force de notre désir, c’est peut-être ce que tu appelles la volonté de foncer, et puis l’énergie pour le faire, et je ne crois pas qu’elle soit la même pour tous. Il me semble que tu en es particulièrement riche. Peut-être parce que tu hérites de deux sources à la fois, de deux cultures porteuses d’expérience humaine transmise à travers les âges.
    Alors oui, l’écriture, la psychothérapie, les larmes et surtout les câlins (dans le désordre), moi aussi j’y ai trouvé des forces. Mais aussi dans la communion avec la nature : l’océan, qui trouve toujours moyen d’être de la même humeur que moi, le ciel, pas toujours bleu mais qui laisse voir de tels infinis, surtout la nuit, et puis les arbres fraternels quand on leur parle, et les fleurs si légères qu’elles feraient sourire un gardien de prison ! Bien sûr, toutes les bestioles aussi, mais qui ne nous laissent pas projeter nos pensées sur elles, parce qu’elles ont elles-mêmes trop à raconter…..mais ça fait souvent du bien de les écouter !
    Je vous embrasse (de loin on peut) tous les deux.
    Isabelle

    Aimé par 1 personne

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