S’épiler ou ne pas s’épiler, telle est la question / To remove your hair or not to remove your hair, that is the question

Aujourd’hui, petite pause dans les récits de voyage pour un sujet épineux : l’épilation !

Today, a quick break in my traveling stories to talk about a tricky topic: epilation! (Scroll down for the English version)

Je voulais vous écrire à propos de ma ville du mois de mai, mais je me suis dit, bon, je vais p’tet y aller mollo et les laisser respirer un peu, ils/elles en ont p’tet assez soupé de l’Allemagne… Alors je passe à un sujet complètement différent mais qui me tient à coeur depuis toujours. LES POILS.

Aaaah ! Berk ! Les poiiiils ! Après nous avoir parlé de règles et de serviettes hygiéniques, elle se met à parler de poils et d’épilation ! C’est quoi son problème ?

Justement, mon problème, c’est que moi, les poils, ben j’aimerais qu’on leur foute un peu la paix. En tant que jeune femme franco-indienne bien poilue, j’en ai longtemps bavé (et j’en bave encore), et dans ma démarche de réduction de déchets, de féminisme et d’amour et de respect de soi et des autres (tout ça à la fois ! OUI !), je trouve ça très important de vous parler de ma relation à l’épilation et aux mal-aimés poils.

Je fais partie de ces femmes très chanceuses qui ont vu un tas de poils apparaître très tôt dans leur vie (oui, vous savez quand vous me dites que j’ai trop de chance d’avoir des cheveux de ouf ? Hé bien ça a un prix). J’ai également très rapidement compris qu’avoir des poils partout, c’était MOCHE. SALE. REPOUSSANT. Qu’il fallait s’en débarrasser à tout prix. Alors comme tant d’adolescentes, j’ai commencé par massacrer mes aisselles, mes jambes et mes cuisses (oui car moi je n’ai pas « un léger duvet transparent » sur mes cuisses. Mes poils sont partout, en grand nombre, noirs, visibles, géniaux) au rasoir jetable, et à la crème dépilatoire qui pue. Je ne me rappelle pas de la fréquence à laquelle j’opérais l’extermination radicale, mais une chose est sûre, ma hantise était le sobriquet « Chewbacca » que des collégiennes avaient gentiment donné à une copine de classe dans les vestiaires de sport…

Quelques années plus tard, je suis passée à l’épilateur électrique sur mes jambes, qui est d’ailleurs une alternative à peu près zéro déchet si on suppose qu’on garde l’épilateur un moment. Sauf que… ça a eu un effet terrible sur ma peau, qui n’a pas survécu (RIP jolies jambes d’ados). C’est peut-être une coïncidence et/ou la conséquence d’années d’épilation en tout genre, mais vers mes 19 ans, mes poils ont décidé de se rebeller, de s’infecter, de se dédoubler, de pousser n’importe comment et de me laisser des cicatrices de ouf. Bref, j’avais un énorme problème de poils incarnés, mais genre puissance 1000. L’histoire de comment je m’en suis débarrassée est longue, douloureuse et chère, mais si jamais ça intéresse quelqu’un, un jour j’en parlerai peut-être 😉

Entre temps, j’avais aussi testé l’épilation à la cire toute seule (epic fail) et chez l’esthéticienne (ça, ça reste la meilleure solution pour moi, mais ça a un coût, et des contraintes).

Ces dernières années, j’ai commencé à en avoir sérieusement ras la patate d’appréhender les fichus beaux jours et le retour de mes adorables petites robes, et de me poser 50 questions sur ma tenue du jour en fonction de ma repousse de poils. Sur le principe, je ne voyais pas pourquoi je devrais me massacrer la peau juste parce que quelqu’un a décidé un jour que c’était moche chez les femmes. En pratique… je n’arrivais pas à sortir avec mes poils, j’avais honte, j’avais peur du regard des autres, des critiques. Je rêvais du jour où j’arriverais à me balader comme je le voulais, épilée ou pas, où je ne me dirais pas « merde, je peux pas mettre cette robe courte aujourd’hui, je suis pas épilée », et où je n’aurais pas à m’abîmer les jambes et les aisselles par convention sociale de mes deux.

Sauf que… C’est dur. Hyper dur, même. Le premier pas, ça a été de faire la paix avec moi-même. Ca a pris du temps, mais aujourd’hui, mes poils, je m’en fous. Ils sont là, et c’est normal. Ce n’est pas moche, ce n’est pas sale, ce n’est pas repoussant. Si j’ai envie de les enlever, pourquoi pas, mais c’est mon choix.

Le deuxième pas, c’est assumer ce choix. S’en foutre de ses propres poils, c’est déjà bien. Mais s’en foutre de ce que les autres vont en penser, ça, c’est le plus difficile pour moi. Cette année, j’ai fait des progrès incroyables, et j’arrive à m’habiller comme je veux même sans m’être épilée au poil (hahahaha). Je suis beaucoup beaucoup beauuuucoup plus tolérante avec moi-même qu’auparavant, mais je ne sors pas complètement au naturel : sinon, je crains encore qu’on appelle la police car un singe s’est échappé du zoo. Mais je m’épile de moins en moins souvent, et ça me procure une liberté incroyable ! Mes poils sont là, ils sont visibles (enfin, si on regarde, d’ailleurs ! les gens n’ont qu’à pas regarder mes jambes / aisselles), et… je m’en fiiiche ! J’avoue que malheureusement, il y a toujours ce petit moment où je croise le regard de quelqu’un et je me dis « merde, est-ce qu’il/elle a remarqué mes poils ? Qu’est-ce qu’il/elle en pense ? » : mon prochain objectif, c’est de ne plus me poser cette question.

Ensuite, il y a certaines occasions où je ne me sens pas encore capable de sortir si mes poils sont visibles : si je rencontre des gens que je ne connais pas, si je dois être en face d’un groupe (par exemple, pour donner un cours, ou participer à / animer une formation, etc), ou à des événements du type mariage (j’en ai deux cet été et j’irai chez l’esthéticienne avant). Mais dans les situations du quotidien, ou entre amies, là, pas de souci pour afficher ma pilosité.

Et enfin, je n’arrive pas encore à assumer TOUS mes poils. Si mes aisselles respirent librement, mon rêve d’aller à la plage en bikini avec ma zone de maillot au naturel est en revanche encore un peu loin. Si ce jour arrive, je crois que ce serait l’accomplissement ultime ! Pour moi, c’est la zone dont je me contre-fiche le plus, mais celle que j’ai le plus honte de montrer. Bizarre, non ?! M’épiler le maillot c’est la pire des contraintes, je le fais UNIQUEMENT par convention… Et ça m’énerve à un point ! Cette année, pour contrer le problème, j’ai acheté un bas de maillot shorty qui couvre cette terrible partie de mon corps… Je suis ravie et j’ai hâte de passer mon premier été sans toucher à mes poils de maillot 😀 Mais ce n’est qu’une solution détournée.

Qu’on se le dise bien : cet article n’est pas là pour vous dire que s’épiler, c’est mal, et que toutes les femmes devraient avoir le courage de sortir avec tous leurs poils partout tout le temps. Loin de là ! Je viens juste vous raconter ma vision de mon propre corps, et de comment j’essaie petit à petit de m’accepter en toutes circonstances. Pour moi, la seule règle qui devrait exister, c’est faites ce que vous voulez de votre corps ! J’ai des copines qui s’en foutent de leurs poils mais ne sortiraient pas pas/mal épilées. D’autres qui n’aiment pas les poils sur elles-mêmes mais qui s’en fichent de les voir sur les autres. D’autres qui détestent les poils sur elles-mêmes et aussi sur les hommes. Chacune a sa propre perception de la chose. Mais à partir du moment où je me suis dit « putain, en fait, mes poils, je les enlève JUSTE pour les autres » – là, j’ai trouvé que ça n’allait plus. Et si j’ai envie de les garder ? Qu’est-ce que ça change ? Je ne suis plus jolie ? Ben… tant pis, j’ai envie de dire, je ne suis pas là pour qu’on me trouve jolie. Si moi je me sens bien, alors tout va bien. Et vous savez quoi ? Je ne me suis jamais sentie aussi bien dans ma peau que depuis que je sors avec n’importe quelle tenue, poils apparents !

L’autre jour dans le tram, je me suis assise et j’ai essayé de cacher mes poils de cuisses avec mon sac, car je ne suis pas encore 100% à l’aise non plus, malheureusement. En face de moi, des mecs étaient en short, avec leurs jambes bien poilues. Et là je me suis dit… Mais bordel. Eux, on voit leurs jambes pleines de poils, et tout va bien. Personne ne les remarque. Personne n’irait les critiquer car ils sont pas épilés. Personne n’irait leur dire que c’est moche ou sale. J’ai pensé à ça, à combien c’était injuste, et j’ai retiré mon sac de mes cuisses poilues.

Et vous ? Quel est votre rapport à l’épilation et aux poils ? 🙂

Shaving

Source

I wanted to write about my city of the month of May but I thought, ok, maybe I should go easy and let them breathe a bit, they probably are sick of Germany at the moment… So I’m moving on to a completely different topic but that has been dear to me for ever: HAIRS.

Aaaah! Yuk! Haiiiirs! After talking about periods and sanitary pads, now she’s on about hairs and epilation! What’s the matter with her?

Precisely, my problem is that I’d like people to give hairs a break. As a young and hairy Franco-Indian woman, I’ve been having a hard hard time because of hairs (and I still am), and in my process of waste reduction, feminism and love and respect towards the others and one self (yeah! All that at the same time, YES!), I find it very important to talk about my relation to epilation and to the unwanted hairs.

I am one of these very lucky women who saw loads of hairs appear very early in their lives (yeah you know when you tell me I’m so lucky to have amazing hair? Well it comes at a price). I also very quickly realized that having hairs everywhere it was UGLY. DIRTY. DISGUSTING. That I had to get rid of them at any cost. So like so many teenagers, I started to slaughter my armpits, my legs and thighs (yeah because I don’t have a “light transparent fuzz”on my thighs. My hairs are everywhere, in huge numbers, black, visible, amazing) with disposable razors and stinky hair removal cream. I can’t remember how often I would do the radical extermination but one sure thing, my biggest fear was to be called “Chewbacca”, sweet nickname that teenage girls had given to one of our female classmates in the changing rooms…

A few years later, I tried the epilator on my legs – by the way, this may be a more or less zero waste alternative if we assume we’ll keep the epilator for a while. However… it had a terrible effect on my skin, that didn’t survive (RIP pretty teenage legs). It may be a coincidence and/or the consequence of years of different kinds of epilation, but when I was around 19, my hairs decided to rebel, to get infected, to split into two, to grow in the weirdest ways, and to leave crazy scars. Long story short, I had a huge problem of in grown hairs, but like x 1000. The story of how I got rid of them is long, painful and expensive, but if by any chance someone’s interested, I may tell it one day 😉

In between, I also had tried waxing by myself (epic fail) and at the beautician (this is the best solution for me but it has a cost, and constraints).

Over the last few years, I’ve started being really sick of dreading the freaking sunny days and the coming back of my adorable little dresses, and of overthinking about my outfit of the day according to how long my hairs were. In principle, I couldn’t see why I had to destroy my skin just because someone decided one day that hairs were ugly on women. In practice… I wasn’t able to go out with my hairs, I was ashamed, I was afraid of other people’s looks. I was dreaming of the day when I would be able to walk everywhere as I wanted, with or without hairs, when I wouldn’t tell myself “fuck, I can’t wear this dress today, I’m not shaved”, and when I wouldn’t have to damage my legs and armpits just because of bullshit social conventions.

Yeah but… it’s hard. Super hard, even. The first step was to be in peace with myself. It took me some time but today, my hairs, I don’t care about them. They’re her and they’re normal. They’re not ugly, they’re not dirty, they’re not disgusting. If I want to remove them, why not, but it’s my choice.

The second step is to be comfortable with this choice. Not caring about your own hairs is already good. But not caring about what the others will think of them, that is the most difficult for me. This year I have done incredible progress, and I am able to dress as I want without being perfecltly shaved/waxed. I am much much muuuuch more tolerant with myself than before, but I don’t go out completely “natural” because otherwise I’m afraid that people would call the police to tell them a monkey ran out of the zoo (I’m not exaggerating, I am very hairy). But I shave/wax less and less often and it gives me such a freedom!! My hairs are here, they’re visible (well actually, only if you look, for that matter!) and… I don’t caaare! I have to admit that unfortunately, there’s always this short moment when I meet someone’s look and I tell myself “shit, did they notice my hairs? What do they think?”: my next goal is to stop wondering about that.

Then, there are some occasions when I don’t feel myself capable of going out if my hairs are visible: if I’m meeting people I don’t know, if I have to be in front of group (for example to teach a class, or to participate in / lead a training, etc), or at events such as weddings (I have two of them this summer and I will have my armpits and legs waxed beforehand). But in everyday situation and with friends, I don’t have a problem to show my hairs.

Finally, I still can’t be comfortable outside with ALL my hairs. If my armpits can freely breath, the dream of going to the beach with all my hairs out on my bikini zone is still a bit far. If this day ever comes I think it will be the biggest accomplishment ever! For me, this is the zone I care the least about, but the one I am the most ashamed of showing. Weird, right?! To remove my hairs there is the biggest annoyance for me, I really ONLY do it because of conventions… and it’s so frustrating!! This year, to avoid the problem, I bought a swimming suit bottom that is long enough to cover this terrible part of my body… I am delighted and I can’t wait to spend my very first summer without touching my bikini hairs 😀 But it’s only an alternative.

Let me get that straight: this article is not here to tell you that shaving is bad, and that all women should have the courage to go out with all their hairs everywhere and all the time. Far from it! I just came to tell you my vision of my own body, of how I’m trying little by little to accept myself in all circumstances. For me, the only rule that should exist is to do whatever you want with your body! I have friends who don’t care about their hairs but wouldn’t go out not/badly shaved. Others who don’t like hairs on them but are OK with hairs on others. Others who hate hairs on them and also on men. Every woman has their own perception of the thing. But from the moment I’ve told myself “fuck it, I remove my hairs ONLY for the others” – then, I’ve felt something was wrong. If I feel like keeping them? What does that change? I’m not pretty anymore? Well then… too bad, I’d like to say. I’m not here so people find me pretty. If I’m feeling well, well then, everything’s alright. And you know what? I’ve never felt so comfortable with myself since the day I’ve decided to go out in any outfit, with my hairs visible!

The other day on the tram, I sat down and I tried to hide the hairs on my thighs with my bag, because I’m still not 100% at ease, unfortunately. In front of me, some guys were wearing shorts, with their super hairy legs. And then I told myself… Fuck it. They can go out with their legs full of hairs and everything’s alright. No one notices them. No one would criticize them because they haven’t shaved. No one would tell them it’s dirty or ugly. I thought about that, about how unfair that was, and I took my bag off my hairy thighs.

What about you? What is your relation to epilation and hairs? 🙂

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