Waiting, waiting, waiting for the next day

Certains jours je me réveille et la déprime est toujours là. Le sommeil et l’oubli des rêves n’ont pas suffi à la chasser. Elle a creusé un trou à l’intérieur de moi et semble s’être confortablement installée. Elle me rend visite à l’improviste, sans être invitée, reste parfois seulement un court moment ou s’incruste carrément la journée. Elle repart toujours sans dire au revoir, et parfois revient si rapidement que je l’ai à peine oubliée.

Some days I wake up and the depression is still there. Sleep and the void of my dreams were not enough to chase it away. It dug a hole inside me and seems to be quite comfortable there. It visits me unexpectedly, without being invited, stays sometimes only for a short while or sticks for the whole day. It always leaves without saying goodbye and sometimes comes back so quickly I don’t have time to forget about her.

Je commence à apprendre à vivre avec elle, à attendre qu’elle débarque. J’essaie de préparer son arrivée, pour être prête à la chasser au plus tôt. Mais rien n’y fait.

Une fois qu’elle arrive, elle parvient toujours à monopoliser mon attention. Elle annule tous mes plans, n’en a que faire de mes bonnes résolutions. Elle refuse que je sourie, elle est jalouse et ne me laisse pas rigoler avec mes amies ou mon mari, elle me culpabilise en me disant que je devrais me sentir mieux maintenant.

On m’a donné tant de conseils pour la déloger – comme si c’était si facile de faire partir une invitée indésirable. Beaucoup ont pensé que c’était une passade, qu’elle n’était pas là pour rester, qu’elle trouverait autre chose à faire au printemps. Elle a eu la décence de s’éloigner quand ma famille est venue me voir. J’avais vraiment cru que je ne la reverrais pas, qu’on avait coupé les ponts.

Mais elle est revenue, plus sournoise que jamais.

Je me suis mise à compter les jours où j’arrive à ne pas pleurer.

On vous dit que ça va aller. Evidemment. Comme si j’avais le choix d’aller mal. Je me sens bête d’aller mal, je n’ai pas de raison suffisante, ça ne me quitte pas.

J’aurais aimé que l’hiver parte avec mes mauvais jours.

****

 

Now I’ve started to learn how to live with it, to wait for it to show up. I try to prepare for its arrival, so I can be ready to get rid of it as soon as I can. But it’s no use.

Once it’s there it always manages to get my full attention. It cancels my plans, it doesn’t care about my resolutions. It stops me from smiling, it is jealous and doesn’t let me have fun with my friends or my husband, it makes me guilty, saying I should feel better by now.

I was given so much advice to have it move out – as if it was so easy to have an unwanted guest leave. Many thought that it was only a whim, that it wouldn’t stay that long, that it would find something else to do in the spring. It had the decency to go away when my family was there. I really thought I wouldn’t see it again, that we had lost touch. 

But it came back, more insidious than ever. 

I have started to count the days when I manage not to cry.

You are told that you’ll be alright. Of course. As if I had the choice of being unwell. I feel silly because I am not well, I don’t have enough reason, it won’t leave me alone.

I wish winter had left with my bad days.

Publicités