So here you are, too foreign for home, too foreign for here. Never enough for both.

Après ma série sur l’Inde, j’avais envie de vous parler mariage et lune de miel. Je m’étais dit que j’écrirai sur l’Allemagne plus tard, quand je me serai habituée au pays, que ça irait mieux. Je me suis demandé si ce n’était pas encore trop tôt pour vous raconter mes états d’âme. Et puis finalement, je me suis rendue compte que j’avais besoin de faire sortir ce que je ressens en ce moment, et que je ne suis pas obligée d’uniquement vous parler de ce qui va bien et de faire semblant que ma vie est lisse et parfaite.

After my series about India, I felt like talking about wedding and honey moon. I thought I would write about Germany later, when I would be used to the country, when I would feel better. I wondered if it wasn’t too early to talk about how I really feel. And in the end, I realized that I needed to talk about my feelings, and that I didn’t have to talk only about what is going well and to pretend my life is plain and perfect.

Vendredi, cela faisait trois semaines que nous étions arrivés en Allemagne. Ce que je suis censée y faire sera l’objet d’un article un de ces jours, mais en tout cas, je n’y ai pas débarqué sans savoir où j’allais. Je suis censée suivre un programme bien encadré et même s’il y a beaucoup d’inconnu, je ne suis pas partie totalement à l’aventure. Ce n’est pas non plus la première fois que je voyage ou que je pars vivre à l’étranger, je ne suis pas seule, et l’Allemagne n’est pas le bout du monde par rapport à ma ville natale. Je ne m’attendais donc pas à ressentir ce malaise qui ne m’a pas vraiment quittée depuis notre arrivée.

Avant de partir, j’avais déjà commencé à me poser des questions, ce qui peut-être n’a pas aidé mes premiers pas. Je viens de terminer mes études et de me marier, et je me demandais si je prenais la bonne décision en partant à nouveau. Pourtant, mon mari comme moi avions envie de découvrir l’Allemagne, et ce n’était pas un départ sur un coup de tête. Nous l’avions prévu depuis des mois et des mois. Mais ce que nous n’avions pas prévu, c’est le choc culturel, car je ne sais pas comment l’appeler autrement.

Raconter tout ce qui est nous arrivé de malheureux ne m’avancerait à rien, et je consacrerai un article à tout ce qui m’a étonnée quand je suis arrivée. J’écris sans trop savoir où va mener cet article.

Je ne me souviens pas d’un moment important dans ma vie où j’aurais commencé à vouloir partir vivre à l’étranger. Mes parents nous ont emmenés un peu partout dans le monde quand j’étais enfant, puis adolescente, et j’ai toujours pris goût à ces voyages, que j’ai continués sans ma famille quand j’en ai eu l’âge. Je me rappelle qu’au lycée, j’envisageais déjà de vivre à l’étranger, mais je ne saurais dire si je pensais déjà à un avenir sur le long terme. Quand je suis partie pour la première fois habiter à l’étranger, je savais que ce ne serait pas la dernière. Je suis rentrée, je suis repartie, je suis rentrée et encore repartie. Puis à nouveau rentrée et maintenant, à nouveau repartie.

Cette fois-ci, je suis partie en me disant que c’était la bonne, au moins pour un moment. Et pourtant, depuis trois semaines, je ne pense qu’à une chose : quand on reviendra s’installer en France.

J’ai l’impression qu’une partie de moi s’est subitement éteinte. Ca paraît peut-être radical pour un œil extérieur. C’est cependant bien le cas : je ne sais pas où est passée l’Anousha qui a toujours envie de bouger, de découvrir autre chose, de partir et repartir, celle qui s’en fiche de ne pas rentrer dans des cases. J’ai tout à coup envie d’une vie simple, de ne pas me poser de questions, de ne pas vivre avec 500€ par mois, de voir ma famille quand j’en ai envie, d’avoir ma propre famille aussi, d’avoir un cercle d’amis que je vois souvent, d’avoir des repères et des habitudes quelque part.

Et quand j’y pense, ça me rend triste. Ca me rend triste car je me dis que je ne suis pas courageuse, qu’il a suffi de quelques difficultés pour me donner envie de faire machine arrière, que je ne suis pas faite pour la vie que je pensais mener. Ca me rend triste pour mon mari à qui j’avais dit avec enthousiasme que oui, moi aussi j’aimerais beaucoup vivre ici, là, et là-bas aussi, et qu’on verrait plus tard pour revenir en France.

Peut-être que c’est juste passager. On va surmonter ces difficultés qui s’accumulent et dans un moment, plus ou moins long, je repenserai à ces premières semaines en me disant « c’était vraiment la merde mais heureusement, ça va beaucoup mieux ! ». Je rigolerai de l’Anousha du mois d’octobre qui voulait rentrer chez elle et retrouver sa zone de confort française.

Ou bien peut-être que quelque chose a vraiment changé. On va surmonter ces difficultés quoi qu’il arrive, mais l’Anousha du mois d’octobre sera peut-être encore celle de 2018 et d’après. Dans ce cas-là, il faudra faire avec, et accepter que nos envies et nos plans peuvent changer.

***

On Friday, we had been in Germany for three weeks. What I am supposed to do here will be the topic of an article one of these days, but anyway, I didn’t arrive without knowing what I would be doing. I am supposed to follow a well-supervised programme and even if there is a lot of unknown, I did not go on a complete adventure. It is not the first time that I’ve traveled or lived abroad, I am not alone, and Germany is not on the other side of the world from my hometown. I thus didn’t expect to feel that uneasy – and this feeling hasn’t left me since we arrived.

Before I left, I had already started doubting, which perhaps didn’t help my first steps. I am just done with my studies and I have just got married, and I was wondering if I was making the right decision by leaving again. And yet, my husband as much as me wanted to discover Germany, and it wasn’t a decision taken without consideration. We had planned it for months and months. But what we hadn’t planned was the cultural shock, for I don’t know what else to call it.

Telling everything that went wrong would not lead me anywhere, and I will write a whole article about everything that suprised me when I arrived. I am writing without knowing where this article is going to take me.

I don’t remember any important moment in my life when I would have started to want to live abroad. My parents took us around the world as I was a child, then as a teenager, and I have always enjoyed those trips, that I continued without my family when I was old enough. I remember that I was already considering living abroad when I was in highschool, but I couldn’t tell if I was already thinking long-term. When I lived abroad for the first time, I knew it wouldn’t be the last. I came back, I left again, I came back and left once more. Then back again and now, left again.

This time, I left telling myself it was for good, at least for a while. And yet, for three weeks, I have only been thinking about one thing : when we will go back to settle down in France.

I feel like a part of me has suddenly fizzled away. It may sound a bit radical from the outside. It is the case though : I don’t know where the Anousha who always wants to move is, the one who always wants to discover something else, to leave and leave again, the one who doesn’t care about being pigeon-holed. I suddenly feel like having a simple life, not asking myself too many questions, not living with €500 a month, seeing my family when I want, having my own family as well, having a circle of friends that I can see often, having some routine and habits somewhere.

And when I think about it, it makes me sad. It makes sad because I tell myself that I am not courageous, that a few difficulties were enough to make me want to go back, that I am not made for the life I thought I would have. It makes me sad for my husband whom I enthusiastically told that yes, me too, I’d very much like to live here, there, and there as well, and that we’d see later to go back to France.

Maybe it is only a passing feeling. We will overcome these difficulties that are piling up and in a moment, short or long, I will think back about those first weeks and I will tell myself « it was pure shite but thankfully, it’s much better now ! ». I will laugh about the October-Anousha who wanted to go back home to her French comfort zone.

Or maybe something has actually changed. We will overcome these difficulties no matter what, but the October-Anousha may be the 2018 one and the future one. In that case, we will have to deal with it, and accept that our wishes and plans can change.

Quote in the title is from Ijeoma Umebinyuo – Diaspora Blues

18 commentaires sur “So here you are, too foreign for home, too foreign for here. Never enough for both.

  1. Mon Anoush, moi je te le dis, tu es très très courageuse ♥
    Il y a tellement de manière de voyager et de vivre à l’étranger, je suis sûre que tu trouveras chaussure à ton pied. Quelle que soit l’Anousha de 2018, elle aura beaucoup appris de son expérience et elle sera up pour plein de belles et nouvelles choses, même si elles sont différentes !
    Et en attendant 2018, plein d’ondes positives pour toutes tes aventures allemandes !!! ♥

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  2. We’ll get there, one way or another. And change can be difficult, but we learn to live with it. Keep doing what you’re doing and all will be well. (love your writing style btw) ❤ Tina

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  3. Anousha, I totally feel you. We make plans but when something changes it’s not that easy to admit that you probably need to change your plans too as you go. Give it some time and listen to yourself and your feelings ❤ Julia

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  4. A chaque fois que je mets les pieds en Allemagne, je me dis « Mais c’est quoi ce pays de dingues? » et quand je rentre « Quand est-ce que j’y retourne? » ! Ça doit être l’effet que fait ce pays… Mais je suis sûre que tu vas l’aimer toi aussi et que vous allez y passer des moments formidables 🙂

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  5. C’est un très bel article, plein d’honnêteté et d’émotion, c’est rare de lire des choses comme celles-ci sur des blogs mais il faut bien avouer que les voyages ne sont pas toujours uniquement le bonheur ! Et c’est parfois difficile à comprendre pour les gens qui nous voient partir…
    Et pourtant, c’est normal d’avoir envie d’une vie plus facile, car oui, partir dans un pays étranger même si on adore ça et qu’on est fait pour ça, ça reste toujours un défi ! Il faut savoir relever les difficultés financières, administratives, sociales, culturelles, c’est usant à force ! Je compatis avec toi et j’espère que tu retrouveras le sourire !

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    1. Merci pour ton commentaire et ton soutien, Marie 🙂 J’essaie tant bien que mal de rester patiente, et je ne désespère pas de me sentir bien ici. Je ne suis pas sûre de raconter dans un article toutes les merdes qui nous sont arrivées ^^’ mais il faut espérer qu’elles vont s’arranger une par une même si ça prend du temps 🙂

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  6. Je relis ton article aujourd’hui, et il me fait « du bien » car je me rend compte que c’est « normal » de ne pas forcément aller bien lorsque l’on s’adapte à une nouvelle situation. Voilà environ 1 mois que nous sommes partis en voyage avec mon copain et on ne peut pas dire que nous soyons vraiment heureux pour le moment, nous avons du mal à trouver notre rythme, ce que nous voyons pour le moment ne nous parle pas plus que ça… et en même temps nous culpabilisons beaucoup parce que nous sommes « sensés » être heureux puisque nous vivons notre rêve ! Sauf que ce n’est pas vraiment le cas et nous n’arrivons pas trop à savoir ce qu’il nous manque… Bref, j’espère que nous allons finir par trouver ce qui nous convient 🙂 J’espère que c’est le cas pour toi aujourd’hui 🙂

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    1. Ca me fait plaisir de lire ton commentaire, non pas que je sois contente de lire que vous n’êtes pas aussi heureux que prévu, mais parce qu’à une époque où tout le monde essaie de garder la face pour les réseaux sociaux, c’est difficile de savoir les vrais sentiments derrière les photos parfaites et les parcours de rêve ! Donc merci d’avoir partagé ça ! C’est difficile de se dire « merde, on en a rêvé depuis si longtemps et finalement… c’est pas comme on le voulait »… Peut-être que justement, il y avait tant d’anticipation et d’attente que finalement, le soufflé retombe ? Et puis peut-être aussi que c’est trop tôt et que vous allez voir les « bénéfices » (je ne sais pas trop comment appeler ça !) plutôt sur le long terme que jour après jour, et également que ça dépendra des destinations. J’imagine que vous suivez / avez suivi d’autres blogs de tour du monde ? Vous avez déjà lu des articles qui parlent de ce que vous ressentez ? Ce serait intéressant de pouvoir échanger avec des gens qui ont été / qui sont dans votre cas, je suis certaine que vous n’êtes pas les seuls !
      En tout cas j’espère que vous allez trouver le petit truc qui manque dans votre voyage pour que vous vous épanouissiez ! Plein de bisous !

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      1. Merci beaucoup, ce que tu dis est adorable ! Je pense qu’effectivement nous avons mis beaucoup de pression dans ce voyage, car même si au final on fait comme on veut et qu’il n’y a pas de honte à avoir, il y a une grosse part de nous qui a peur que ça ne fonctionne pas et que ce soit dur à assumer devant tous les gens à qui on en aura parlé (et l’oublier est plus facile à dire qu’à faire ^^). Je suis pas mal de blog oui, et je n’ai pas l’impression que beaucoup se soit posé les mêmes questions, ce qui nous a fait nous sentir encore plus « nuls » ^^ Bref, tes conseils sont très gentils en tout cas, et nous commençons petit à petit à trouver notre rythme 😊

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