It’s our duty to be free

J’entends ces mots « attentat à Nice pendant le feu d’artifices ».

Je sors de la salle de bains. Je perçois l’expression sur le visage de ma mère, qui semble essayer de comprendre l’information, elle aussi. Moi, je n’y crois pas. Ou je ne veux pas y croire. J’imagine que c’est une fausse alerte, un mouvement de panique, un canular, j’imagine tout, n’importe quoi, mais pas ça.

Nice. Le feu d’artifices du 14 juillet. La Promenade. Combien de fois y ai-je assisté, enfant, adolescente, jeune adulte ? Combien de fois mes grands-parents nous y ont emmenés, mes frères et sœur et moi ?

L’horreur prend une toute autre réalité lorsqu’elle touche soudainement à un endroit cher à votre cœur. Un endroit si familier, si rassurant. C’est une petite partie de votre monde qui s’écroule, une petite partie de vous-même qui s’éteint. Aucun mot ne suffira pour exprimer la douleur, le désarroi, l’incompréhension. Le vide qui s’empare de vous.

****

Ne pas abandonner pourtant. 10 jours après l’attentat, je suis allée me recueillir sur la Promenade.

Inimaginable : c’est toujours le sentiment que je ressens devant ces milliers de fleurs, d’hommages, de bougies. Les jours suivant l’attaque, je n’ai pas voulu regarder d’images, je n’ai pas voulu me plonger dans la lecture d’articles morbides et de reportages à sensations que les média continuent de diffuser. Je ne peux que tenter d’imaginer l’horreur, l’effroi, la peur et les cris. Mais même sur place, je ne comprends pas, je n’y arrive pas.

Comment y croire ? Mon regard balaie les offrandes mais je ne peux pas m’empêcher de remarquer, juste derrière, les familles et les touristes sur la plage. Un enfant frustré hurlant devant sa mère indifférente, des adolescents jouant dans l’eau, des corps bronzés ou rougis par le soleil. Tous heureux, profitant des vacances et du ciel bleu.

Emotions contraires, contraste tenace, Nice entre la vie et la mort, entre la joie et le deuil. 

Je ne demande à personne de comprendre ou de compatir, j’avais juste besoin d’essayer d’extérioriser ce qu’il se passe dans ma tête et dans mon coeur depuis le 14 juillet. Je vous envoie plein d’amour et de soleil, on en a tous besoin !

Publicités